Menu
Créer un contenu
acneremovr.com / Dernières actualités des jeux vidéo / News jeux vidéo / News culture /

Black Mirror Bandersnatch : Coup de génie ou victime de son concept ?

News culture
Black Mirror Bandersnatch : Coup de génie ou victime de son concept ?
Partager sur :

C’est en 2011 que naît Black Mirror. Cette anthologie, évoquant dans son concept The Twilight Zone, The Outer Limits ou Alfred Hitchcock Presents, est diffusée pour la première fois sur la chaîne anglaise Channel 4. Plutôt que de miser sur l’horreur ou le fantastique pur, Black Mirror choisit de traiter des dérives de la technologie et des réseaux sociaux en proposant à chaque épisode une histoire distincte. En 2016, Netflix récupère les droits de la série et nous offre deux saisons de 6 épisodes chacune, contre 3 et 4 épisodes pour les saisons 1 & 2. Comme il est parfois de coutume, un épisode de noël est proposé afin de faire patienter les fans entre deux saisons. Du nom de Bandersnatch, celui de Black Mirror se veut quelque peu particulier puisqu’il officie dans la catégorie des films interactifs en proposant aux spectateurs d’influer sur le déroulement de l’histoire à travers divers choix qu’il est possible de prendre grâce à une télécommande, une souris ou un smartphone. Intéressant mais l’idée ne dessert-elle pas finalement l’histoire ?

Note :
Compte tenu du caractère spoilant inhérent à l’oeuvre, nous éviterons de vous décrire de façon trop précise les embranchements les plus importants de l’histoire.

Trailer de Black Mirrror : Bandersnatch


C’est un film ? Un jeu ? Non, c’est Bandersnatch !


Black Mirror Bandersnatch : Coup de génie ou victime de son concept ?

Bien que Bandersnatch ait des faux airs de coup marketing, idéal pour buzzer sur les réseaux sociaux (le serpent qui se mord la queue ?), il faut reconnaître aux producteurs et scénaristes que le principe de base s’intègre parfaitement à l’univers de Black Mirror. Toutefois, après visionnage de l’épisode et des multiples embranchements proposés, on se rend rapidement compte de ce qui sépare cet opus de noël de ceux qui l’ont précédé. En tout premier lieu, ce qui différencie le plus Bandersnatch des autres segments de Black Mirror tient au fait que chacun à sa manière pointait du doigt (en extrapolant ou en forçant délibérément le trait) l’utilisation abusive de la technologie afin de nous faire prendre conscience que cette dernière peut s’avérer nocive en fonction de l’usage qu’on en fait.

Black Mirror Bandersnatch : Coup de génie ou victime de son concept ?

Bandersnatch entend davantage nous questionner au sujet de notre rapport au jeu vidéo mais aussi aux films/séries en tant que joueurs/spectateurs, sans que cela soit péjoratif pour autant. L’épisode s’avère donc, par certains côtés, moins pessimiste que ses prédécesseurs dans le sens où il se situe à la croisée des chemins du film et du jeu vidéo en nous faisant réfléchir non pas à une dérive possible mais plutôt à la notion de libre arbitre. Le jeu vidéo justement est l’élément central de cet épisode. On y suit le dénommé Stefan Butler débauché par la société Tuckersoft pour adapter sous forme de jeu vidéo le roman à choix multiples Bandersnatch dont le principe rappelle les Livres dont on est le héros. Le jeune programmeur de 19 ans va alors tout faire pour livrer, en un temps record, un titre fini, épaulé par Colin Ritman, jeune concepteur de talent travaillant lui aussi pour la société Tuckersoft. Pouvant rappeler par moments les récentes histoires de crunch qui ont émaillé l’année 2018, le scénario évoque surtout l’époque où des petits génies comme Eric Chahi ou Jordan Mechner développaient leurs jeux, seuls, dans leurs garages.

Black Mirror Bandersnatch : Coup de génie ou victime de son concept ?

Citant plusieurs auteurs ayant abordé les thématiques de l’espionnage de l’individu à son contrôle (in)direct, le film situe son action en 1984 (en référence, notamment, au roman éponyme de George Orwell) et n’omet pas également de citer Philip K. Dick à travers certains embranchements faisant basculer Bandersnatch dans une sorte d’entre-deux où il y aurait autant de choix que de réalités. Intimement lié à la notion d’interactivité, ce concept déstabilise quelque peu, donnant à l’ensemble un côté un peu bancal. Dans les faits, la durée lambda de l’épisode est d’1h30 bien qu’on puisse le «terminer» en une 40aine de minutes, l’épisode nous donnant alors le choix de revenir en arrière pour tenter une autre approche. Après avoir passé en revue un grand nombre d’embranchements, on constate tout de même beaucoup de «smoking mirrors» ainsi que quelques embranchements plus «meta» tenant plus de la blague (parfois savoureuse) que d’une vraie fin. De même, dans sa globalité, Bandersnatch s’articule principalement autour de deux vrais axes synonymes de plusieurs fins. Le film n’aura d’ailleurs de cesse de nous renvoyer constamment au bon souvenir de l’embranchement que nous n’avons pas pris afin de nous faire comprendre que nous sommes sûrement en train de manquer quelque chose d’important.

Pilule bleue ou pilule rouge ?

Black Mirror Bandersnatch : Coup de génie ou victime de son concept ?

En somme, on pourrait segmenter nos choix comme suit : Indispensables pour l’avancée de l’histoire principale / Utiles pour progresser dans une version alternative du scénario de base / Débouchants sur un segment meta brisant parfois le 4ème mur mais non essentiel à la progression du scénario. Le choix est bien entendu l’une des composantes essentielles de Bandersnatch qui joue souvent avec l’idée que l’alternative n’est qu’illusion et qu’on est contrôlé par quelqu’un sans même le savoir. Et en effet, à l’image de l’Architecte de Matrix, le spectateur va pouvoir influer sur la vie de Stefan qui va devenir par le biais de l’interactivité une sorte de mélange entre un personnage (de fiction) et l’avatar du spectateur.

Black Mirror Bandersnatch : Coup de génie ou victime de son concept ?

Bandersnatch part donc d’un postulat de départ très intéressant d’autant qu’il renvoie, sans nécessairement le chercher, à The Stanley Parable. Malheureusement, la réflexion basée sur la notion de choix et de liberté ne va finalement jamais aussi loin que dans le jeu de Davey Wreden et William Pugh car prisonnière d’une histoire qu’il convient malgré tout de raconter coûte que coûte pour faire valoir son statut de film. On sent pourtant que les scénaristes ont essayé de comprendre le media et qu’ils ont mis ici et là divers clins d’oeil à commencer par le nom de l’épisode renvoyant à un véritable jeu d’aventure anglais, développé en 1984 et finalement annulé. Profitant également de la réalisation sobre mais efficace de David Slade (les excellents Hard Candy et 30 jours de nuit) et d'acteurs convaincants, cet épisode semblait ainsi avoir tous les atouts pour réussir et, pourquoi pas, préfigurer le renouveau du film interactif dont Silent_jay nous parlait il y a peu.

Black Mirror Bandersnatch : Coup de génie ou victime de son concept ?
Le titre distille quelques clins d'oeil à l'égard d'autres épisodes de la série

Dommage qu’engoncé entre l’interactivité promise et l’envie de raconter l'histoire de Stefan, Bandersnatch soit si déséquilibré et brouillon dans son intrigue. Si il pourra convenir à un public relativement large, non joueur mais curieux d’expériences un peu plus originales, il se montre finalement assez limité d'un point de vue ludique, du moins si on le compare à des titres comme Heavy Rain ou Detroit : Become Human, ironiquement perçus par beaucoup comme des films plutôt que des jeux. En somme, bien que le choix soit une donnée importante du projet de départ mais aussi du film en tant qu’élément scénaristique, l’épisode se retrouve trop vite prisonnier de son concept duquel résulte une histoire, morcelée car assujettie à des allers-retours parfois obligatoires, ou ne parvenant jamais à mixer convenablement son propos et une intrigue suffisamment solide. On ne sera alors pas étonné d’y retrouver quelques incohérences ou facilités scénaristiques.

Black Mirror Bandersnatch : Coup de génie ou victime de son concept ?

En définitive, Bandersnatch souffle le chaud et le froid et ironiquement est ce qu’il «dénonce» en donnant l’illusion aux spectateurs de faire des choix qui n’en sont parfois pas, principalement quand ils desservent l’intrigue principale. En résulte un épisode qui marquera davantage les esprits pour sa singularité que son histoire. Néanmoins, si la tentative échoue quelque peu en tant qu’épisode à part entière, l’interactivité devrait sans doute séduire le grand public. Les joueurs, en revanche, risquent d’être légèrement déçus, qu’ils soient fans ou non de l’anthologie, dans le sens où l’épisode, malgré beaucoup de bonne volonté, survole son sujet plus qu’il ne le maîtrise véritablement.

Profil de Logan,  acneremovr.com

COMMENTAIRES

Vous devez être connecté pour poster un commentaire.
Lant
Lant
MP
le 16 janv. à 17:05

Ça n'a de Black Mirror que le titre, en dehors de ça ce sont juste des escrocs, scénario écrit avec les pieds, acteurs à 3€50, fin inexistante et surtout choix plus inutiles et sans impact les uns des autres, tout ça pour comprendre a la fin qu'on vient de mater une pub Netflix de 2 heures ça fait beaucoup ; c'est mauvais et c'est un gros échec pour ce format "interactif" absolument pas exploité.

Lire la suite...
VikingFactory
VikingFactory
MP
le 12 janv. à 12:30

Bonjour.
Si les films interactifs vous intéressent , j'ai réalisé la première série interactive web en 2008 😜
Le chevalier Jack
Avec humour, aidez Jack à sauver la princesse.
Je l'ai ressorti pour ses 10 ans en 2018 sur iOS et macOS
http://www.lechevalierjack.com
Premier épisode dispo sur le site 😋

Lire la suite...
Nixotane
Nixotane
MP
le 12 janv. à 00:38

Bon vue le ramassis de connerie qu'on peu lire ici je vais la faire simple, premièrement ce n'est pas un jeu c'est un film, les comparaison avec les "film interactif" à la David Cage n'ont strictement aucun sens, le langage de leurs média respectif et la démarche artistique n'ont rien en commun.

Ensuite vue que la plupart de gens n'ont rien compris je vais essayer de vous expliquer ça simplement le film ne te laisse aucun choix et écoute bien parce que ça va te surprendre c'est justement son propos et sa vision d'auteur, te dire que ce n'est pas toi qui choisi mais Netflix qui t'amène ou il veut (d'ou le moment ou on choisi Netflix et les retour en arrière pour te faire choisir ce qu'il a envie de te faire choisir pour te mener a la fin qu'il a envie de te montrer). Nos choix sont illusoires et le personnage principal le dit lui même quand il fait son jeu sorte de cassure du 4ème mur métaphore de la réflexion des auteurs "je voulais partir dans trop d'embranchement, finalement je vais réduire, laisser croire au joueur qu'il a le choix alors qu'il n'y en a aucun" (et ça fait bien sûr le parallèle avec ce que vit le héro qui est en faite une représentation du spectateur enfermé dans l'épisode). Bref, c'est la tout le génie de la chose, dommage que beaucoup soit apparemment passé à côté =/

Lire la suite...
elakenne
elakenne
MP
le 11 janv. à 19:26

C'est pas ouf, mais c'est pas nul, et surtout c'est pas grave, en tout cas ca ne mérite pas autant de débat.
Le concept d'interactivité est rafraîchissant sans être révolutionnaire.
Bref, ce film ne justifie en aucun cas qu'on se déchire pour lui.

Lire la suite...
G-uniit_21
G-uniit_21
MP
le 11 janv. à 15:59

Ce n'est pas la première fois que je lis ces derniers temps dans la presse "Si ils" au lieu de "S'ils" (qui s'élide donc).
Pour quand aussi l'écriture inclusive chez Jv.com ? :honte:

Lire la suite...
Normalis-Furom
Normalis-Furom
MP
le 11 janv. à 15:13

Comparer cette daube à the Stanley Parable...

Lire la suite...
Auto-Psy-Kopatt
Auto-Psy-Kopatt
MP
le 11 janv. à 13:43

J'ai vu la saison 1 de Black Mirror car on me l'a conseillé et je ne comprend vraiment pas l'engouement autour de cette série. C'est mal joué, mal écrit, on dirait une parodie. Les gens d'aujourd'hui se contentent de peu de choses.

Lire la suite...
xnxxtentacion
xnxxtentacion
MP
le 11 janv. à 11:48

Pourquoi tout le monde voit cette merde comme une révolution ?
Et pourquoi attribuer cette pseudo-révolution à Black Mirror alors que le concept existe depuis au moins Late Shift (Avril 2016) ?

Lire la suite...
LittleBoots
LittleBoots
MP
le 11 janv. à 11:38

La publicité pour Netflix continue ? 2 articles sur cet épisode sur un site de JV c'est fort.

Lire la suite...
neo_kaw
neo_kaw
MP
le 11 janv. à 11:20

c'est pas le même nom que le gars qui joue Dr Strange ?

Lire la suite...
Top commentaires
sofiendu31
sofiendu31
MP
le 10 janv. à 18:46

Ceux qui ont été déçu, sont majoritairement des gens qui s'attendaient à un vrai film interactif à choix. Pour ça qu'on retrouve dans ce genre de critiques (y compris celle là) des références à Heavy Rain ou Detroit en essayant de les mettre sur une même base de comparaison.

En mon sens, ces gens là n'ont rien compris à "l'épisode". On reste dans du Black Mirror dans l'âme, c'est une vision pessimiste du libre arbitre, et du fait que chacun de nos choix ne nous appartiennent finalement pas complétement et son toujours guidés par quelqu'un ou quelque chose.

Si on prend le film tel quel, sans faire attention au message derrière, il est évident que le scénario n'a rien de particulier, que les choix sont pas si nombreux que ça et sont le plus souvent très superficiels... Mais c'est le but.

Pour preuve, la "vraie" fin du film est encore une fois une mise en abyme qui tend à montrer qu'il y a toujours quelqu'un qui nous contrôle derrière.

La fin avec la présupposée créatrice de ce film, qui rencontre un bug au niveau des choix, et du coup on prend le contrôle de ses choix avec la possibilité de renverser son thé sur son ordi.

En bref, faut voir cet "épisode" comme une "critique" des choix dans la vie ainsi que dans les films interactifs typiques, plus que comme un film interactif lambda dans le style des Quantic ou Telltales. Le téléspectateur est intégré à l'histoire mais n'est pas joueur, c'est tout.

Lire la suite...
Commentaire édité 10 janv., 18:49 par sofiendu31
Quilan
Quilan
MP
le 10 janv. à 18:45

ironiquement est ce qu’il «dénonce» en donnant l’illusion aux spectateurs de faire des choix qui n’en sont parfois pas

Ben... c'était le but en fait.

Le téléspectateur qui fait les choix est considéré comme un personnage, à l'instar de ceux dont on choisit la destinée.

Lire la suite...
Boutique
  • Console Nintendo Switch avec Joy-Con - rouge néon/bleu néon
    292.49 €
  • Kingdom Hearts 3
    49.50 €
  • Super Smash Bros - Ultimate (Nintendo Switch)
    51.49 €
JEUX LES PLUS ATTENDUS
  • Resident Evil 2 (2019)
    PC - PS4 - ONE
    Vidéo - Gaming Live
  • Anthem
    PC - PS4 - ONE
    Vidéo - Gaming Live
  • Kingdom Hearts III
    PS4 - ONE
    Vidéo - Gaming Live
  • Jump Force
    PC - PS4 - ONE
    Vidéo - Bande-annonce
  • Mortal Kombat 11
    PC - PS4 - ONE - SWITCH
    Vidéo - Bande-annonce
acneremovr.com